1909
- Le concept autoroutier apparaît en Allemagne
avec la société AVUS (Automobile
Verkehrs und Ubungs Strasse). L'AVUS construit
à l'ouest de Berlin une chaussée
à voies séparées sur dix
kilomètres et à péage.
Elle sera mise en service en septembre 1921.

1914 - La première mise en service d'une
voie de type autoroutier intervient sur l'Ile
de Long Island, près de New-York. 65
kilomètres de voies protégées
pour l'accès à des résidences
d'hommes d'affaires qui participèrent
largement au financement de l'ouvrage.
1923 - L'italien Puricelli fait évoluer
l'autoroute en créant les croisements
à niveaux séparés. Il est
également le fondateur de la société
d'autoroute Strade et Cave.
1924 - Puricelli est à l'origine de la
première autoroute digne de ce nom. Elle
ouvre le 21 septembre 1924 entre Milan et Varèse,
avec une distance de 85 kilomètres.
1926 - La "Charte de Milan" donne
une définition officielle de l'autoroute.
1927 - Première étude en France
pour une autoroute, à l'ouest de Paris.
Le gain de temps et le plaisir des yeux sont
les deux principaux objectifs de cette autoroute.
Des idées fleurissent un peu partout
en France et notamment sur la Côte d'Azur.
1933 - L'Allemagne développe son réseau
avec la Reichs Autobahnen Unternehmen (RABU).
Si officiellement ces constructions massives
permettent la lutte contre le chômage,
le réel objectif est militaire en permettant
aux armées allemandes de se déplacer
plus rapidement. Pendant ce temps, Mussolini
fait relier les principales villes d'Italie.
1946 - Déclarée d'utilité
publique en 1935, la première autoroute
de France ouvre le 9 juin 1946 entre Saint-Cloud
et Orgeval, soit une vingtaine de kilomètres.
1955 - L'Etat n'a pas les moyens de développer
à lui seul le réseau autoroutier
et décide la mise en place du péage.
Le projet de loi établit en 1952 par
Antoine Pinay, alors ministre des Transports
et des Travaux Publics, est adopté non
sans mal en 1955. Le débat fut mouvementé
entre la gauche qui défend l'égalité
pour tous et qui souhaite la redistribution
des fonds routiers à la route (taxe sur
les carburants...), et la droite qui défend
l'idée du péage permettant de
construire des autoroutes aux nombreux avantages.
Seules conditions pour garantir le vote de la
loi : Instaurer le péage temporairement
et exceptionnellement (concession). Interdiction
du péage en milieu urbain.
1956 - La première société
d'autoroute en France est née. Il s'agit
de la Société de l'autoroute Estérel
Côte d'Azur (ESCOTA), qui a pour objectif
la réalisation de l'autoroute A8. Cette
autoroute inaugure le premier péage autoroutier
en France et désengorge la N7 dans une
région aux reliefs mouvementés.
Les années qui suivent verront apparaître
d'autres sociétés autoroutières.
1957 - Une définition internationale
de l'autoroute est donnée lors du Congrès
des Routes (A.I.P.C.R), puis admise lors du
rassemblement des Ministres des Transports (C.E.M.T).
Des caractéristiques techniques deviennent
alors communes à toute l'Europe.
(En 1967, la France ne possède que 1000
Km d'autoroutes)
1968 - Le Service d'Etudes Techniques des Routes
et Autoroutes (SETRA) est fondé pour
l'application des règlements techniques
autoroutiers. Il succède au Service spécial
de l'Autoroute Paris-Lille qui fit preuve de
résistance face aux allemands qui le
créa en 1942.
1970 - La réforme. Les 6000 véhicules
bloqués par la neige entre Valence et
Montélimar sur l'A7 en décembre
1970 soulignent les incapacités du système
autoroutier. Cet évènement pousse
Albin Chalandon, ministre de l'Equipement et
des transports, à faire aboutir sa réforme.
Les services des Ponts et Chaussées cèdent
leur place à SCETAUROUTE qui s'occupera
désormais de la mise en oeuvre des travaux
de construction pour le réseau concédé.
Albin Chalandon donne plus de liberté
aux Sociétés d'Economie Mixte,
tant sur le plan financier que technique. Elles
changent, pour la plupart, de nom. Des sociétés
privées apparaissent : A.R.E.A (Rhône
Alpes), A.P.E.L (Paris Est Lorraine), ACOBA
(Côte Basque), COFIROUTE (ouest et centre
ouest). Cette réforme a aussi pour effet
d'accélérer la construction d'autoroutes
encore trop peu nombreuses. Mais la crise pétrolière
sera fatale, dans les années 80, aux
sociétés privées qui ne
peuvent suivre le remboursement des emprunts.
A.R.E.A redevient une S.E.M en étant
rachetée par la Caisse des Dépôts
et Consignations. A.P.E.L est reprise par la
S.A.N.E.F (Nord et Est). ACOBA est reprise par
A.S.F (Sud). Seule la Cofiroute subsiste aujourd'hui.
(L'axe Lille-Paris-Lyon-Marseille est achevé
en 1974, bien qu'inauguré le 29 octobre
1970)
1981 - La gauche arrive au pouvoir avec pour
objectif la suppression des péages. Peine
perdue, le péage demeure indispensable
pour maintenir le développement du réseau
et de son entretien.
(1981, les panneaux touristiques blancs sur
fond marron se généralisent sur
le bord des autoroutes)
1994 - Nouvelle réforme. Autoroute de
France (A.D.F - établissement public)
ne peut plus faire anticiper le remboursement
des emprunts consentis auprès de l'Etat
par les plus grandes sociétés
pour aider les plus petites, simplement parce
que les remboursements arrivent à terme.
La solution est donc de regrouper les Sociétés
d'Economie Mixte les plus faibles auprès
des plus fortes. La S.A.P.N (Paris-Normandie)
devient filiale de la S.A.N.E.F (Nord et Est),
ESCOTA (Estérel-Côte d'Azur) devient
filiale d'A.S.F (Sud) et A.R.E.A (Rhône
et Alpes) devient celle de la S.A.P.R.R (Paris
Rhin Rhône). En même temps, le capital
de ces sociétés est renforcé
avec 950 millions de francs financés
à moitié par A.D.F et l'autre
moitié par l'Etat. Les filiales gardent
leur identité et leur gestion, tout en
ayant la possibilité de consentir des
avances auprès des sociétés
mères.
(24 mars 1999 : Catastrophe du tunnel du Mt-Blanc
avec 39 morts. C'est le début d'une nouvelle
réflexion sur les transports, en premier
lieu dans les Alpes)
2000/2001 - L'autoroute en mutation. Tout d'abord
c'est l'application en 2001 des mesures admises
en 2000 sous la pression de l'Union Européenne
: Les sociétés autoroutières
fonctionnent désormais sous le droit
commun des entreprises avec l'introduction de
la TVA et l'abandon des "charges différées"-
Abandon de l'adossement et mise en concurrence
pour les nouvelles sections. Dans le même
temps ces changements se sont accompagnés
de l'allongement des durées de concession,
et aussi de l'apparition de nouvelles sociétés
puisque désormais toutes les entreprises
peuvent déposer un dossier pour obtenir
une concession. Ainsi Alis obtient l'A28 de
Rouen à Alençon et Eiffage le
viaduc de Millau. Au cours de l'année
2001, une autre révolution arrive : Les
sociétés d'autoroutes deviennent
multimodales avec la possibilité et la
volonté d'exploiter en premier lieu des
ouvrages ferroviaires. Peut-être assiste-t-on
en 2001 au commencement de la fin de la guerre
des modes ? Pour renforcer le financement des
ouvrages multimodaux alpins, les sociétés
A.R.E.A (Rhône et Alpes) , A.T.M.B (Mont-Blanc)
et S.F.T.R.F (Fréjus) sont regroupées
dans un pôle unique. Aussi, au cours du
mois d'octobre 2001 est annoncé, dans
une continuité logique, la privatisation
partielle d'A.S.F (Sud). Les autres entreprises
autoroutières devront attendre la bonne
volonté du gouvernement et surtout des
bilans financiers plus solides pour espérer
à leur tour une privatisation partielle...

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